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Parfum et INCI : lire la nouvelle liste d’allergènes

La réglementation européenne allonge la liste des allergènes parfumants à déclarer. Seuils, échéances et composition INCI permettent de comprendre pourquoi les étiquettes vont devenir plus détaillées.

Parfum et INCI : lire la nouvelle liste d’allergènes
A Suma, perfume-1934, bottle designed by Pierre Camin, produced by René Lalique, Perfume by Vincent Roubert - François Coty. Cette photographie accompagne l’article « Parfum et INCI : lire la nouvelle liste d’allergènes ».

Une liste INCI plus longue sur un parfum ne raconte pas toute sa formule, mais elle peut livrer une information plus précise sur les allergènes parfumants déclarables. Le règlement européen 2023/1545 élargit la liste des substances à mentionner sur les étiquettes, sans modifier les seuils de déclaration. Pour lire un flacon avec discernement, il faut surtout distinguer la présence d’un nom dans la composition, la concentration qui déclenche son affichage et les délais prévus pour les produits déjà vendus.

En bref

  • La liste européenne des allergènes parfumants à déclarer passe d’environ 24 à environ 80 ou 81 entrées.
  • Les seuils restent fixés à 0,001 % pour les produits sans rinçage et 0,01 % pour les produits rincés.
  • Les stocks déjà mis sur le marché avant l’échéance peuvent être écoulés jusqu’au 31 juillet 2028.

Une liste plus vaste, des seuils identiques

Le règlement 2023/1545 modifie l’annexe III du règlement européen relatif aux produits cosmétiques. D’après les sources fournies, environ 56 nouveaux allergènes de parfum sont ajoutés aux 24 déjà déclarés individuellement, ce qui porte le total à environ 80 ou 81 substances selon le décompte présenté. Certaines entrées sont également renommées, regroupées ou précisées.

Le changement porte donc sur le nombre de substances concernées, pas sur les concentrations à partir desquelles elles doivent apparaître. Dans les produits sans rinçage, comme les parfums, crèmes, sérums, laits, maquillages ou déodorants en stick, l’étiquetage est requis au delà de 0,001 %, soit 10 ppm. Pour les produits à rincer, notamment shampoings, gels douche, savons et après shampoings, le seuil reste de 0,01 %, soit 100 ppm.

Cette précision est importante : une substance parfumante n’est pas automatiquement interdite parce qu’elle figure sur l’étiquette. L’obligation décrite dans les extraits est avant tout une obligation de déclaration, afin que les personnes allergiques puissent identifier les substances concernées. La présence d’une longue liste ne permet donc pas, à elle seule, de classer une formule comme plus ou moins risquée pour tout le monde.

Pourquoi 2026 ne vide pas les rayons

La transition repose sur deux échéances. Les produits dont l’étiquetage n’est pas conforme aux nouvelles règles peuvent être mis sur le marché de l’Union européenne jusqu’au 31 juillet 2026. Ceux déjà mis sur le marché avant cette date peuvent ensuite être écoulés jusqu’au 31 juillet 2028.

Hands sorting essential oil bottles on a wooden table, highlighting aromatherapy and natural wellness.
Des allergènes parfumants peuvent provenir d’huiles essentielles utilisées dans une formule. Source: Pexels. Attribution: Anna Shvets. Licence: Pexels License.

Anciennes et nouvelles étiquettes peuvent ainsi cohabiter pendant cette période. Un flacon portant une liste plus courte n’est pas nécessairement anormal : son statut dépend du moment où il a été mis sur le marché. L’article publié par Le Motif rappelle que le règlement encadre la mise sur le marché et non les produits déjà présents dans une salle de bain.

Pour le lecteur, la date ne constitue pas une raison de jeter ses produits. Elle explique plutôt pourquoi les emballages changent. Le plus utile est de consulter la liste d’ingrédients, particulièrement lorsqu’une substance a déjà été associée à une réaction personnelle.

Naturel et allergène ne s’opposent pas

Les ingrédients naturels n’échappent pas à ces règles. Les extraits indiquent que des substances comme le limonène, le linalol, le citral, le géraniol ou l’eugénol peuvent être présents dans des huiles essentielles. Leur origine ne les dispense pas de déclaration lorsque les seuils applicables sont dépassés dans le produit fini.

La concentration retenue est celle du cosmétique final, et non celle de l’huile essentielle achetée comme matière première. Les informations fournisseur prennent alors une place décisive dans le travail des marques. La source Arovela cite notamment la déclaration quantitative des allergènes, la fiche de données de sécurité et le certificat d’analyse par lot parmi les documents utiles aux calculs et à l’étiquetage.

Une formule naturelle peut donc afficher davantage de noms sans que cela suffise à conclure à une dangerosité supérieure. Inversement, une liste courte ne constitue pas une garantie universelle de tolérance. Les étiquettes rendent visibles les substances soumises à déclaration, mais elles ne prédisent pas la réaction de chaque peau.

Lire l’étiquette sans tirer de raccourci

La première étape consiste à repérer la liste INCI et la mention parfum ou fragrance. Une personne qui connaît un allergène auquel elle a déjà réagi peut ensuite rechercher son nom et comparer des produits de même nature. La distinction entre produit rincé et produit sans rinçage est utile, car les seuils de déclaration ne sont pas les mêmes.

A minimalist still life featuring multiple amber essential oil bottles with black caps on a neutral background.
Des allergènes parfumants peuvent provenir d’huiles essentielles utilisées dans une formule. Source: Pexels. Attribution: Tara Winstead. Licence: Pexels License.
  • Repérer la liste complète des ingrédients plutôt que se limiter aux promesses en face avant.
  • Identifier les substances déjà connues comme problématiques pour soi.
  • Comparer des produits du même type en tenant compte de leur usage rincé ou sans rinçage.
  • Ne pas assimiler une liste longue à un diagnostic de danger.
  • Lire aussi la composition d’un produit naturel ou bio.

Les sources soulignent que des huiles essentielles naturelles peuvent contenir des allergènes parfumants. Le terme naturel ne suffit donc pas à écarter une substance recherchée. De même, le nombre d’allergènes listés ne fournit pas les proportions détaillées de tous les composants d’une formule.

Une mention comme nouvelle formule ou nouvel étiquetage ne remplace pas cette lecture. Le changement peut relever de la mise à jour des déclarations sans impliquer une modification du parfum lui même. Le règlement demande aux fabricants de vérifier leurs concentrations et de mettre à jour leurs informations, leurs dossiers et leurs emballages.

Une information conçue pour mieux comparer

La réforme donne davantage de repères aux personnes sensibilisées, à condition de la lire pour ce qu’elle est. L’inscription d’un allergène renseigne sur sa déclaration obligatoire au delà d’un seuil, pas sur le degré de réaction qu’il provoquera chez chaque consommateur. L’étiquette ne remplace ni l’évaluation de sécurité du produit ni un avis médical lorsqu’une réaction survient.

Cette transparence accrue modifie surtout la façon d’observer un flacon. Au lieu de chercher une réponse dans un slogan, mieux vaut revenir à la liste INCI, conserver le nom des substances déjà identifiées et comparer calmement les produits. Retrouvez d’autres décryptages dans notre rubrique tendances et conseils beauté.

Les explications de Cosmetics Insiders convergent avec les deux autres sources sur ce point : la nouvelle liste rend l’information plus détaillée, sans faire du nombre de noms affichés un verdict sur une formule.

Photo à la une. Source: Wikimedia Commons. Attribution: DDupard. Licence: CC BY-SA 4.0.